E3 - Le RĂȘve de Mđđn
- Ăveil Sensible

- 31 janv.
- 2 min de lecture
ĂPISODE3 -
Cette nuit-lĂ , Moon entra dans un rĂȘve comme on entre dans une eau tiĂšde.
Il nây avait pas de seuil visible. Seulement une douceur immĂ©diate, enveloppante, presque dĂ©routante.
Devant elle sâouvrait un lieu fait de matiĂšres simples : du bois clair, des fibres tressĂ©es, des lampes discrĂštes qui respiraient plus quâelles nâĂ©clairaient. Un espace ouvert, posĂ© entre la terre et lâeau, oĂč rien ne semblait pressĂ©.
Les corps y bougeaient lentement.
Certains dansaient sans musique apparente.
Dâautres respiraient ensemble, assis en cercle.
Personne ne cherchait Ă convaincre.
Personne ne prenait plus de place quâun autre.
Moon reconnut aussitĂŽt la sensation. Celle dâun monde oĂč ses manques ne criaient plus. Ils reposaient. Comme des enfants enfin rassurĂ©s.
Elle observa longtemps sans intervenir.
CâĂ©tait sa maniĂšre dâentrer en relation.
Puis quelque chose se produisit.
La lumiĂšre changea. Non pas autour dâelle âen elle.
Une clartĂ© bleutĂ©e, douce mais intense, se mit Ă rayonner depuis son ventre. Elle sentit un rythme ancien lâhabiter, un va-et-vient rĂ©gulier, comme une marĂ©e intĂ©rieure.
Au-dessus, la Lune veillait.
Silencieuse.
Présente.
Moon comprit sans mots : elle nâĂ©tait pas Ă©clairĂ©e par la Lune, elle Ă©tait en rĂ©sonance avec elle.
Chaque cycle la traversait.
Chaque retrait, chaque retour.
Vie, dissolution, renaissance.
Encore.Toujours.
Dans le rĂȘve,
des figures apparaissaient puis disparaissaient.
Elles ne portaient pas de noms.
Certaines parlaient par gestes.
Dâautres par silence.
Dâautres encore par le souffle grave dâun instrument ancien,
qui semblait raconter le commencement du monde.
Moon nâapprenait rien de nouveau.
Elle se souvenait.
Mais soudain, le rĂȘve se fissura.
Un frisson parcourut la scÚne. Une inquiétude ancienne se leva en elle, comme une vague froide sous la surface chaude.
Et si ce lieu ne pouvait pas tenir ? Et si la peur revenait ? Et si lâalignement coĂ»tait trop cher ?
La lumiĂšre bleue vacilla.
Moon sentit la tentation de se contracter,
de calculer,
de se préparer à perdre.
Alors elle fit quelque chose de radicalement simple.
Elle posa les deux mains sur son ventre.
Elle inspira.
Et au lieu de lutter contre la peur,
elle lâaccueillit comme on accueille une fatigue aimĂ©e.
La scĂšne ne disparut pas. Elle se transforma.
Le lieu devint plus nu.
Plus vrai.
Moins idéal.
Et pourtant, plus vivant.
Moon comprit alors que ce rĂȘve nâĂ©tait pas une promesse. Ni un refuge. Ni un projet.
CâĂ©tait une direction intĂ©rieure.
Un appel Ă demeurer fidĂšle au courant, mĂȘme quand il traverse la perte, mĂȘme quand il demande de mourir Ă une ancienne maniĂšre dâaimer, de se sĂ©curiser, de se dĂ©finir.
Le rĂȘve sâeffaça lentement.
Moon se rĂ©veilla avant lâaube, le cĆur encore chaud. La question nâĂ©tait plus : comment y arriver ?
Mais :oserai-je rester alignĂ©e, mĂȘme quand cela me dĂ©pouille ?
La Lune, dehors, poursuivait son cycle. Et Moon sut quâelle nâavait rien Ă prouver. Seulement Ă Ă©couter. đđ
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>Si ce rĂ©cit rĂ©sonne, ce nâest sans doute pas un hasard.
Le Voyage de MđđNÂ nâest pas une lecture passive. Câest une pratique vivante de la connaissance de soi.
đ Un espace existe pour celles et ceux qui ne veulent plus seulement comprendre, mais ressentir, expĂ©rimenter, alchimiser. MđđN & Les Alchimistes >> Cliquez ici pour y accĂ©der <<



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