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Le lâcher-prise

Dernière mise à jour : il y a 23 heures

Une dynamique d’attachement et de détachement

Le lâcher-prise est probablement l’un des mots les plus mal compris.

On le confond souvent avec :

  • se distraire,

  • penser à autre chose,

  • aller marcher,

  • méditer pour se calmer,

  • visualiser du positif,

  • “prendre de la hauteur”.

Tout cela peut apaiser temporairement. Mais ce n’est pas du lâcher-prise.

👉 Le lâcher-prise n’est pas une stratégie pour aller mieux.

👉 C’est une conséquence naturelle d’un face-à-face honnête avec ce qui nous attache.



Le détachement commence par une reconnaissance

Se détacher, ce n’est pas nier. Ce n’est pas refouler. Ce n’est pas “passer au-dessus”.

Le détachement commence par un geste simple, mais exigeant :

👉 reconnaître ses attachements.


Les endroits où l’esprit s’accroche :

  • une peur,

  • une attente,

  • un besoin de contrôle,

  • une image de soi,

  • une blessure,

  • un désir,

  • une relation,

  • une injustice non digérée.

  • un manque affectif

Tant que ces attachements ne sont pas vus, le détachement est impossible.



« Comment sortir d’une pièce si on n’y est jamais entré ? »

Un jour, en Inde, un sage conducteur de Tuk-Tuk m’a dit cette phrase, en souriant :

« Comment sortir d’une pièce alors qu’on n’y est pas entré ? » 😅

Tellement simple. Tellement fulgurant.

Et pourtant…

👉 Comment sortir de la peur, si je n’y entre pas ?

👉 Comment lâcher prise, si je ne vois pas ce à quoi je m’accroche ?

👉 Comment me libérer, si je refuse de ressentir ce qui me lie ?

On ne sort pas de ce que l’on évite. On ne se libère pas de ce que l’on contourne.



Le grand malentendu : fuir l’intérieur

Beaucoup de pratiques sont utilisées comme des fuites déguisées :

  • marcher pour ne pas sentir,

  • respirer pour calmer,

  • méditer pour anesthésier,

  • visualiser pour ne pas regarder,

  • intellectualiser pour ne pas ressentir.

👉 Ce sont des activités de surface.


Elles ont leur place. Mais elles ne dissolvent pas les nœuds profonds.

Car ce qui nous attache ne se trouve pas à l’extérieur. Il se trouve dans l’expérience intérieure non traversée.



Se poser. Fermer les yeux. Entrer.

Le vrai mouvement de lâcher-prise commence ici :

  • s’arrêter,

  • se poser,

  • fermer les yeux,

  • plonger en soi-même.

Non pas pour analyser. Mais pour sentir directement.

Quand l’émotion n’est pas trop intense, il suffit souvent de l’observer clairement pour que la défusion se fasse naturellement.


👉 L’esprit se décroche quand il voit clairement à quoi il s’accrochait.



Pourquoi la danse instinctive et la prière sauvage fonctionnent

Dans la danse instinctive, dans la prière sauvage, dans les rituels incarnés…

Pourquoi le lâcher-prise arrive-t-il si souvent ?

Parce que :

  • on est en contact constant avec ses limites,

  • le corps montre là où ça bloque,

  • l’émotion apparaît sans filtre,

  • le figement devient visible.

Et surtout :👉 on ne fuit pas.

On respire avec la limite. On la met en mouvement. Là où il y avait figement, quelque chose circule.

Le dépassement ne vient pas d’un effort mental, mais du contact direct avec ce qui était évité.



Le mental ne dissout rien

C’est une loi simple :

👉 Toute tentative de résoudre un nœud intérieur par le mental est vouée à l’échec.

Le mental peut :

  • comprendre,

  • expliquer,

  • justifier,

  • interpréter.

Mais il ne peut pas :

  • digérer un trauma,

  • dissoudre une peur,

  • libérer une charge émotionnelle.

👉 Seule l’expérience directe transforme.



R.A.I.N. : quand l’expérience est vécue pleinement

C’est tout le sens de la pratique R.A.I.N. (telle que proposée par Tara Brach) :

  • Recognize – reconnaître ce qui est là

  • Allow – permettre l’expérience

  • Investigate – sentir avec curiosité

  • Natural Kindness – apporter une présence bienveillante

Quand ces étapes sont incarnées,la défusion se fait d’elle-même.

⚠️ Sauf dans un cas précis.



Quand le lâcher-prise ne se fait pas : la honte et la haine de soi

Il existe un obstacle majeur au lâcher-prise naturel :

👉 ne pas savoir s’aimer.

Quand il y a :

  • honte de soi,

  • haine de soi,

  • dégoût de ses émotions,

  • rejet de sa vulnérabilité,

Quand ces habitudes cognitives sont bien ancrées, alors :

  • l’expérience devient insupportable,

  • l’émotion ne peut pas être accueillie,

  • l’attachement se rigidifie.

Dans ce cas, il ne s’agit pas seulement de présence, mais d’un apprentissage radical de l’autocompassion

Sans cela, l’expérience directe devient trop violente.



Dissoudre les attachements à la racine

Les attachements ne sont pas des ennemis. Ce sont des stratégies de survie.

Ils se dissolvent lorsque :

  • les émotions sont pleinement traversées,

  • les désirs compulsifs sont reconnus,

  • les traumas sont évacués sous forme de trop-pleins émotionnels,

  • la conscience voit clairement les dynamiques en jeu.


👉 C’est ce que permet, par exemple, la prière sauvage :

  • laisser le corps évacuer,

  • laisser la voix sortir,

  • laisser l’énergie se décharger,

  • sans contrôle,

  • sans spiritualisation.



En résumé

  • Le lâcher-prise n’est pas une fuite.

  • Le détachement commence par la reconnaissance des attachements.

  • On ne sort pas d’une pièce où l’on n’est jamais entré.

  • Le mental ne libère pas : l’expérience oui.

  • Ce que l’on affronte avec courage s’efface naturellement.

  • Ce que l’on fuit nous gouverne.

  • L’amour de soi est la condition pour traverser sans se briser.


👉 Ce n’est pas en s’éloignant de soi que l’on se libère. C’est en y entrant pleinement.

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